C'était donc une fille "comme ça" qu'elle voulait?
Le point positif, c'est que j'ai eu la réponse de l'"énigme", en apprenant à connaître cette fille qui a fait en cinq minutes ce que je n'ai pas su faire en 6 ans. Etant donnée la différence générale qu'il y a entre elle, en baggy, au débit de parole imbattable et moi-même, j'ai maintenant la certitude que rien n'est possible.
Je me souviendrai longtemps que ce soir-là j'ai cherché mon coeur qui se baladait d'un bout à l'autre de ma chaussure, et m'empêchait de marcher correctement.
Tout n'est pas noir. La chance est même au rendez-vous, et cette fois-ci, je ne la laisserai pas passer. Même si c'est un gars.
La première fois que quelqu'un s'est réellement intéressé à moi, j'avais 22ans. J'en ai été tant effrayée que je me suis fermée comme une huître. C'était débile, car j'ai répercuté sur ce pote (son intelligence a permis que nous restions bons amis par ailleurs) ce que je subis régulièrement depuis des années.
Mél m'a permis de rencontrer quelqu'un, lors de son mariage. Elle me connaît encore mieux que je le pensais.
J'ai failli retomber dans le même cercle vicieux mêlé de peur des mecs et d'espoir écervelé pour une minette, j'ai commencé à m'effacer progressivement face à lui. Mais la prise de conscience s'est faite : tout le monde a droit à sa chance. On verra ce qu'on verra.
J'ai le projet de tout lui dire, pour qu'il sache où j'en suis, exactement. Pas de doute sur sa tolérance. Il doit savoir que si mes larmes n'ont pas coulé mercredi soir, au retour de ma sortie de l'asso où les tourterelles se sont pelotées sans retenue, c'est parce que le vent soufflait par bourrasques et me les séchait avant qu'elles ne tombent.
Avant, je scandais : "les mecs sont des connards" (ce qui n'est pas faux, par ailleurs), mais maintenant je sais et crie tout aussi fort que les filles peuvent être extrêmement sadiques.
Je dois rebondir, cette histoire m'a bouffée aux trois quarts, les autres n'y sont pour rien.
Peut-être est-ce le bout du tunnel?

